Concours

Lundi 19 janvier 2009

Des professeurs des écoles refusent de faire passer les évaluations nationales en CE1 et CM2 qui doivent avoir lieu cette semaine. Certains parents d'élèves ont d'ailleurs investi les salles de classe de quelques écoles pour que leurs enfants ne passent pas cette évaluation et se saisir les cahiers contenant ces exercices comme je l'ai vu tout à l'heure dans le journal de 13h de France 2. Le professeur des écoles interrogé indiquait qu'il y avait dans ces cahiers des notions non traités en classe comme la multiplication décimale. Les élèves auraient eu peu de chance d'y réussir et le classement ZEP de cet école aurait ajouté encore à la stigmatisation.

D'après un article sur le site réseau des bahuts (à lire sur ce lien), il semblerait que les exercices proposés soient encore mal maitrisés par les élèves à ce stade de l'année et que le temps imparti pour les traiter soit trop court. Les rédacteurs s'interroge en conclusion sur l'exploitation qui sera faite des résultats par le ministère.

J'ajoute que ces évaluations ne sont qu'un instantané dans la progression des élèves et qu'elles n'ont qu'un intérêt diagnostic. L'idéal serait de proposer une évaluation finale où l'on proposerait le même type d'exercice pour mesurer la progression des élèves entre les deux. La culture de l'évaluation n'est rien si elle n'est pas accompagnée de remédiation.


Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 12 janvier 2009

Quelle curieuse idée de présenter des voeux aux personnels de l'éducation nationale début janvier! L'année scolaire n'est pas l'année civile et c'est bien en septembre qu'il faut nous souhaiter une bonne année (scolaire!). Des voeux qui restent à sens unique car ce sont les décisions du gouvernement et de son ministre de l'éducation qui feront que l'année sera bonne ou pas pour l'Ecole. Nous pouvons connaître des années plus difficiles que d'autres du fait de classes aux élèves plus agités et moins travailleurs (les deux vont souvent de pair) mais globalement, les années scolaires se suivent et se ressemblent et c'est tant mieux car l'Education a besoin de continuité. Et les réformes entreprises doivent assurer cette continuité même si elles peuvent améliorer la mission d'instruction de l'Ecole. Avec suffisamment de moyens humains. Après les réductions du nombre de postes de professeurs ces dernières années, nous sommes arrivés à un plancher d'encadrement qu'il serait dangereux de dépasser, notamment en classe de seconde. Nos classe de seconde compte rarement moins de 35 élèves et il est très difficile pour ne pas dire impossible de gérer l'hétérogénéité des ces classes, tant les compétences et surtout les goûts des élèves sont d'une différence abyssale.

Le président annonce avec raison dans son discours qu'il ne souhaite pas voir les exigences à l'Ecole diminuer parce que cela accroit les inégalités. Il ajoute qu'il faut les même exigences pour tous mais des parcours diversifiés. Ces deux objectifs seront difficiles à concilier car les exigences ne peuvent pas être les mêmes suivant les aptitudes des élèves. La réforme aurait du commencer par le collège avant de faire celle du lycée de façon à ce que les exigences soient renforcées dès le collège. Cette inversion est sans doute dictée par la volonté de voir rapidement ses effets sur les futurs étudiants dans l'enseignement supérieur avant la fin du mandat présidentiel.

La réforme du lycée va occuper l'année 2009 avec une concertation élargie d'après le voeux présidentiel. Peut-on espérer qu'on ne revoit pas comme pour les précédentes « concertations » une réforme toute prête surgir juste après les dernières auditions à peine le rapport final rédigé?

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 15 décembre 2008

J'avais commencé la rédaction de cet article avant la décision du ministre aujourd'hui de repousser la réforme du lycée prévue pour la rentrée 2009. Cette décision n'est qu'un repli stratégique pour parer à l'extension de la grogne des lycéens qui pourrait cristalliser d'autres mécontentements. Les initiateurs du mouvement lycéen auront donc eu raison du calendrier serré du ministre contrairement aux organisations de professeurs, qu'elles soient syndicales ou professionnelles. Les jeunes ont donc beaucoup plus de pouvoir sur le gouvernement que nous professeurs. Et le gouvernement a entendu la grogne monter et y a réagit. Juste à temps! Notre République est mieux portante sur ce point que sa soeur grecque...


Le mouvement lycéen s'étendra-t-il à l'ensemble des établissements? C'est la question que le gouvernement se pose avec apparemment une certaine inquiétude. Et les manifestations violentes de jeunes qui secouent la Grèce apportent de l'eau au moulin des angoisses. Certes, les motifs de colère ne sont pas les mêmes, mais les jeunes Grecs manifestent contre les conséquences d'une politique éducative qui les a incité à se diplômer davantage pour ne trouver à la fin que des « petits boulots » mal payés. Cette politique d'augmentation des flux d'étudiants vers l'enseignement supérieur est celle suivie en France depuis les fameux « 80% d'une classe d'âge au niveau du bac » des années 1980. Politique non remise en cause par les différentes majorités parlementaires qui se sont succédées depuis. Si on ne peut que se réjouir de la possibilité offerte au plus grand nombre d'accéder à des études supérieures, il est dangereux de l'encourager pour des formations purement académiques dont les débouchés sont rares. C'est ce qui s'est passé en Grèce d'après ce que j'en ai appris de jeunes collègues doctorants grecs. Beaucoup de parents ont poussés leurs enfants à poursuivre des études longues à l'Université et la plupart d'entre eux n'ont pas trouvé à la sortie les débouchés correspondant à leur qualification. Peut-on espérer que le « plan licence » qui tend à amener plus d'étudiants à obtenir un diplôme à bac+3 n'ai pas les mêmes effets? Il faudra qu'une large majorité de ces licences aient un contenu professionnel. Les étudiants qui poursuivent au-delà devront se méfier des masters préparant aux concours de recrutement de professeurs. En cas d'échec au concours, ce qui sera le cas pour la majorité des candidats, il sera difficile de se présenter sur le marché du travail avec ce type de diplôme dont le contenu sera purement académique!

Pour revenir à nos lycées, nous en saurons plus la semais prochaine lorsque le ministre présentera les lignes définitives de la réforme de la classe de seconde. Et il sera bien temps car les éditeurs de manuels scolaires et nous mêmes ont besoin rapidement du contenu des programmes pour la rentrée de septembre 2009. Tout va donc se jouer à la rentrée de janvier. Je trouve assez cocasse que ce soient les lycéens qui manifestent alors qu'ils ne sont absolument pas concernés par la réforme! En effet, les élèves actuellement en lycée ne connaîtront pas la réforme puisqu'ils passeront dans la classe supérieure à la rentré prochaine ou quitteront le lycée le bac en poche. Certes, les plus actifs des lycéens se battent pour leurs successeurs mais notons que ces derniers, en classe de troisième cette année, sont plutôt discrets alors qu'ils essuieront les plâtres en septembre prochain... Rappelons que cette réforme des lycées est la troisième depuis 1995 et qu'à chacune, des diminutions d'heures de cours ont été effectuées au profit « d'activités nouvelles » telles que TPE et autres « heures de vie de classe ». La réforme Darcos, avec ses réductions d'horaires disciplinaires au profit d'activités de soutien s'inscrit dans cette logique, sur fond de réduction de postes de professeurs. La seule vraie nouveauté est le découpage de l'année en deux semestres avec la possibilité de changer d'enseignement optionnel au changement de semestre. Y a-t-il vraiment de quoi jeter tous les lycéens dans la rue pour ça? D'autant que dans le lycée où j'enseigne cette année et dans les autres établissements de la ville, c'est le calme plat alors que ces établissements sont prompts à s'enflammer comme me l'on dit mes collègues... C'est plutôt sur la définition de filières clairement identifiées en seconde qu'il faut travailler pour permettre aux futurs élèves de choisir les enseignements optionnels qu'ils doivent choisir suivant leurs goûts et le contenu du bac qu'ils souhaitent préparer. Maintenant que la réforme est repoussée, il serait bon de l'infléchir dans ce sens.


Le communiqué du ministre sur ce lien.

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 23 novembre 2008

Un article court et intéressant sur la réforme de l'école primaire à lire sur Agoravox, où l'on voit encore (s'il en était besoin!) que l'objectif principal est bien la réduction de postes de professeurs. Quels que soient les objectifs pédagogiques affichés, la suppression d'emploi va forcément réduire l'offre éducative, notamment en direction des élèves les plus fragiles. Les officines de cours particuliers vont s'en réjouir!

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 20 novembre 2008

L'un des motifs de la grève d'aujourd'hui dans l'éducation nationale porte sur la réforme des lycée élaborée par le ministère. On se souvient qu'au début de l'été dernier le ministre avait exigé des organisations syndicales leur signature pour participer aux discussions sur la réforme. Si on pouvait comprendre que certaines organisations signent pour participer, en revanche, on trouve la signature des ces mêmes syndicats (*) au bas du point d'étape de la réforme en date du 21 octobre dernier, après la manifestation nationale du 19 octobre contre la réforme du lycée. Ce point d'étape, téléchargeable sur le site du ministère à la rubrique réforme du lycée, fait la liste de 11 points de convergence sur l'organisation de la classe de seconde! Et les syndicats signataires appellent à manifester contre cette réforme! Mais il ne fallait pas signer si on était pas d'accord! Ce grand écart n'est sans doute pas étranger à l'approche des élections professionnelles en décembre où les professeurs seront appelés à élire leurs représentants dans les commissions paritaires... Certains prennent leur précautions et jouent sur les deux tableaux. Combien de collègues ont lu jusqu'au bout ce document avant de faire grève aujourd'hui? Pour reprendre le travail demain matin comme après les précédentes journées de grève depuis le début de la rentrée scolaire. Avec les effets que l'on sait! Le président de la République l'a dit: est-ce qu'une grève dérange quelqu'un aujourd'hui?

En matière de revendication; la « grèvette » d'une journée marque encore une fois ses limites et il serait temps de proposer d'autres formes d'action. Sur ce sujet, on peut vraiment parler de conservatisme syndical...


(*) copie de la page du point d'étape où figure la signature des organisations syndicales:


Notons l'absence des syndicats SNLC et FO qui n'ont pas signé ce document et appellent à manifester (ou non) en conformité avec leurs déclaration!


Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Calendrier

Juillet 2009
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29 30 31    
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus