Mercredi 10 septembre 2008
Un article intéressant du site Backchich.info où l'on découvre que les informations du fichier Edvige étaient déjà collectées auparavant mais sans
figurer clairement dans le décret créant le fichier d'alors des ex-renseignements généraux. La polémique actuelle résultant en fait de la mention explicite des informations collectées par Edvige
dans le décret publié en juin dernier sur le journal officiel.
Il n'empêche que les informations de nature privées sur des personnes est une atteinte aux libertés fondamentales et c'est avec raison que de toutes
parts il est demandé la suppression de ce fichier ou des informations touchant à la vie privée et aux opinions des personnes.
Je m'interroge aussi sur le sens moral du premier ministre et de la ministre de l'intérieur pour lesquels il n'était pas question hier encore de
limiter les informations, et avec quel aplomb pour Mme Alliot-Marie! Changement radical de cap aujourd'hui, non en raison d'une morale républicaine retrouvée, mais plus sûrement la crainte d'un
emballement de la polémique...
http://www.bakchich.info/article4961.html
Par Archytas de Tarente
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La rentrée 2008 s'est faite pour moi dans un nouvel établissement avec de nouveaux collègues et un nouvel environnement. Mais les rituels de ce début
d'années sont bien les mêmes partout, témoignant du caractère national de l'éducation secondaire en France. Les problèmes sont évidemment les mêmes. Entre autre l'absentéisme de certains élèves
et des classes bien chargées (35 élèves en seconde, cela devient la norme). Du coté de la diminution du nombre de postes de professeurs, je n'ai pas eu d'information au niveau de ce lycée, mais
il a bien fallu remplacer les professeurs partis ailleurs ou en retraite lorsque le service le réclame! Particulièrement dans ma discipline, nous sommes deux nouveaux sur une dizaine de
professeurs. Quant aux heures supplémentaires vantées par le ministre comme un moyen d'augmenter sa rémunération, elles ont peu de succès ici! Des collègues m'ont dit en avoir refusé pour cette
rentrée. Il est vrai que le moindre coût de la vie ici par rapport à la région parisienne incite sans doute à rester sourd au slogan travailler plus pour gagner plus!
Sur la plan national, nous vivons une année décisive puisque la réforme du lycée doit se mettre en place dès la rentrée 2009. A peine une année pour
mettre en place les nouvelles filières, ou leur suppression d'ailleurs comme certaines déclaration l'ont laissé entendre ces derniers mois. C'est un délai beaucoup trop court pour définir et
mettre en place de nouveaux programmes pour la classe de seconde. Il y a fort à parier que les consultations pour l'élaboration des programmes se fassent dans l'urgence et que leur publication
s'effectue juste avant les vacances d'été 2009... Nous n'aurons donc pas trop des deux petits mois de juillet et d'août pour préparer nos cours!
A ce chantier s'ajoute celui de la « revalorisation de la fonction enseignante » qui doit se mener en parallèle avec la réforme du lycée.
Les mois qui viennent seront donc cruciaux sur l'avenir de notre profession et celle du lycée pour lequel on peut déjà craindre une forte réduction des horaires de cours suite aux suppressions de
postes de professeurs dont une nouvelle charrette est programmée pour l'an prochain...
Par Archytas de Tarente
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Les funérailles nationales organisées pour la mort de 10 soldats français en Afghanistan donnent lieu à une exploitation émotionnelle grotesque et un
peu indécente. Les média et le gouvernement ont l'air de découvrir, ou feindre de découvrir, que la guerre peut tuer! Lorsqu'on envoie des soldats dans un pays en guerre, même civile, il faut
s'attendre à ce qu'il y ai des morts... Mais ces mêmes média nous avaient tellement montré des soldats français ou occidentaux apportant une aide humanitaire aux populations en détresse qu'on
n'avait pu nous faire croire qu'ils étaient invincibles. Certes, les troupes françaises en Afghanistan, présentes sur place depuis plusieurs années déjà, avaient eu à déplorer quelques morts dans
ses rangs lors de ses opérations, mais cela n'avait pas marqué à ce point les esprits. Comme pour les accidents de voiture ou d'avion, le retentissement médiatique est proportionnel au nombre de
victimes. Et au déluge émotionnel qui les accompagne... Et dans ce domaine, la surenchère est de mise chez les « professionnels du visage mouillé ». Le président de la République
lui-même n'est pas en reste par rapport à son prédécesseur qui s'était fait une spécialité de ces « émotions nationales ». Curieux pour quelqu'un qui annonçait une
« rupture »... Je ne suis évidemment pas insensible à la morts de ces jeunes soldats et au chagrin de leur famille mais un peu de retenue serait de mise dans ces circonstances. D'autant
que ces jeunes gens ont choisi le « métier des armes » et que ces armes sont mortelles. Dès lors lorsque le gouvernement envoie des troupes sur un lieu de conflit armé, il faut
s'attendre à ce qu'elles ne reviennent pas au complet. Et les média auront beau rechercher des responsabilités à ce drame que cela n'enlèvera rien de la cruauté de la guerre... On peut
s'interroger d'ailleurs sur l'opportunité de l'envoi de troupes supplémentaires dans un pays qui aurait plus besoin d'aide civile pour se reconstruire, notamment en matière d'éducation. Des
soldats pour rétablir l'ordre certes mais aussi plus d'instituteurs pour faire rempart aux intégrismes qui ravagent ce pays depuis longtemps...
Par Archytas de Tarente
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Des professeurs nouvellement embauchés payé au SMIC? C'est ce que proposait une annonce publiée par l'ANPE, rapportée sur le site d'information Rue89,
sans préciser toutefois le lieu. D'après l'article, il s'agirait d'un poste d'instituteur pour une classe de CM2 d'une école privée. Le contrat s'adresserait à des chômeurs qui
« rencontreraient des difficultés sociales et professionnelles particulières ». La rémunération étant fixée au SMIC horaire soit 8,71 euros de l'heure. Du moins dans une première
version car on apprend que l'annonce a été rapidement modifiée pour porter le salaire horaire à 12 euros.
On peut déjà s'inquiéter sur la mention « rencontreraient des difficultés sociales et professionnelles particulières » signe sans doute
d'une volonté de pourvoir tout poste à tout prix, mais le plus stupéfiant est bien la rémunération scandaleuse assortie à cet emploi! Dans la deuxième version de l'annonce, le poste de professeur
s'est transformé en « animateur débutant ». Confusion révélatrice! Animateur ou professeur, quelle différence en effet pour le rédacteur? Curieux: plus la qualification diminue, plus le
salaire augmente... Voilà qui donnera des idées à notre ministère pour la « revalorisation de la condition enseignante » dont les décisions sont toujours en attente: les nouveaux
professeurs seront embauchés sur ce type de contrat payés au SMIC ou guère plus...
http://www.rue89.com/2008/08/06/recrute-prof-au-smic-lanpe-sous-la-pression-du-resultat
Par Archytas de Tarente
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En écoutant les journaux radio ou télévisés hier, j'ai eu l'impression d'une dramatisation inhabituelle de la première épreuve du baccalauréat de la
part des journalistes. Tout le monde conçoit le stress des candidats, largement interrogés hier avant l'entrée en salle d'examen mais est-il bien raisonnable d'entretenir ainsi l'angoisse des
familles et des élèves au risque de présenter le bac comme une loterie qui ne récompensera que quelques chanceux? Impression qui culmine avec l'énoncé des sujets de philosophie qui peuvent
apparaître abscons ou triviaux à l'auditeur lambda. Epreuve de philosophie présentée de surcroit comme une exception française. Le baccalauréat vient évaluer (je n'emploie pas le verbe
sanctionner) la scolarité au lycée et nos élèves y sont préparés pendant toute l'année de terminale. Les nombreuses épreuves écrites ou orales permettent de compenser un accident isolé toujours
imprévisible. Quant à la notation, même si elle demeure personnelle à chaque correcteur, elle ne saurait varier dans les proportions énormes présentées hier dans les média (de 3/20 à 17/20 pour
une même copie!) citant un rapport dont j'ai appris ce matin sur France Culture qu'il s'agissait d'une copie évaluée dans le cadre de la formation de professeurs. Rien à voir avec une situation
réelle d'examen. Dans les disciplines scientifiques, les correcteurs disposent d'un corrigé type avec un barème dont les points sont rigoureusement répartis ce qui limite fortement les écarts de
notes. Pour les autres disciplines, on attend des candidats qu'ils développent de façon claire et ordonnée leurs réponses à des problématiques étudiées durant l'année.
Enfin, est-il nécessaire de rappeler le taux de réussite au baccalauréat général pour se convaincre que les élèves ayant travaillé sérieusement pendant l'année n'auront aucune difficultés à
obtenir l'examen?
Le coût du baccalauréat est aussi évoqué depuis quelques semaines en cette période de réduction tous azimut des budgets publics. Dans un rapport du
Sénat intitulé « A quoi sert le baccalauréat? », on apprend que le coût de l'examen est de 38 millions d'euros pour 615 624 candidats en terminale et 482 939 pour l'épreuve anticipée de
français en première. Cela représente 61 euros par candidat, si j'excepte les élèves de première. Quelle somme énorme en effet! Il ne paraît difficile de faire moins cher, notamment avec du
contrôle continu en cours d'année où il faudrait organiser dans chaque lycée des devoirs communs pour toutes les classes de terminale d'une même série, à la même date (pour des raisons évidentes
d'équité entre les élèves) et ce dans toutes les disciplines! Nous avons déjà fort à faire avec le bac blanc qui nécessite déjà une semaine banalisée par an, sans compter les devoirs communs en
seconde et première. Alors s'il en fallait un minimum de trois pendant l'année, nous serions en permanence en train d'organiser des examens! Cette évaluation pourrait en plus avoir la même valeur
du lycée parisien prestigieux à son homologue de la Seine St Denis? Il faudrait aussi évoquer les pressions que pourraient exercer les chefs d'établissement et certains parents sur les
professeurs pour faire monter des notes trop basses... Ces simples arguments sont suffisants pour maintenir un examen final à la scolarité secondaire pour garantir un niveau commun sur toute la
France, assurer le maximum d'équité entre les candidats et limiter les pressions sur les professeurs.
Par Archytas de Tarente
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