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Jeudi 31 janvier 2008

Les média se sont fait l'écho d'un rapport sur l'état plutôt lamentable des toilettes dans les établissements scolaires et que les élèves répugnent à fréquenter. Malgré le dévouement des agents d'entretien, force est de constater que les toilettes des lycées et collèges où j'ai pu excercer ne sont pas un endroit de confort, particulièrement dans les plus anciens qui n'ont pas connus de rénovation. Les professeurs ne sont pas mieux lotis que les élèves mais nos toilettes restent un peu plus propre du fait d'une fréquentation moindre.
Le ministre X. Darcos vient de s'emparer du « dossier » en proposant une « charte » pour la propreté des toilettes scolaires.
On attendrait plutôt un bon coup de balai et de serpillère pour commencer puis une rénovation des lieux à la place d'une charte! Rappellons que les communes, les départements et les régions ont en charge les écoles, les collèges et les lycées. C'est à eux qu'incombe la rénovation et l'entretien des établissements. Nos élèves et leurs parents sont représentés dans les conseils d'administrations. Qu'ils en profitent pour exiger de la tutelle les travaux nécessaires.

(*) Le titre de cet article est un clin d'oeil à ce slogan de mai 1968 qui demandait de « laisser l'Etat dans les toilettes où on l'avait trouvé »...

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
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Mercredi 23 janvier 2008

Un collectif de fonctionnaires a rédigé une lettre (reproduite ci-dessous) à l'attention des directions syndicales qui appellent à la grève pour la 3 ème fois depuis la rentrée scolaire de septembre 2007. Les signataires font remarquer les limites de ces journées de grève décidées par les organisations syndicales. Rien n'a été obtenu du gouvernement sur les salaires, principale revendication des mots d'ordre de grève. Il est donc légitime que la « base » pose des questions aux directions syndicales sur l'utilité de ce type d'action dont les limites sont atteintes et surtout de savoir jusqu'où elles sont prêtes à aller pour obtenir satisfaction. Je fais d'ailleurs le pari qu'il ne sortira rien de cette action même avec un taux de grévistes plus important que lors de la dernière journée d'action.

Il est donc temps de penser à d'autres formes de protestation, comme par exemple l'abandon des bac blancs qui doivent se tenir dans les lycées d'ici les vacances de février. Il est toujours possible de décaler cet exercice non obligatoire jusqu'aux vacances de printemps, voire de l'annuler sans que nos élèves n'en pâtissent pour l'examen. Les directions syndicales auront-elles le courage d'appeler à une action plus efficace? J'en doute si nous ne les y poussons pas. C'est le sens de cet appel.

 

Adresse aux directions syndicales

M. et Mmes les secrétaires nationaux ou fédéraux de la CGT, de FO, de la FSU, de l’UNSA, de la CFTC et de Solidaires. Copie à MM. les secrétaires généraux de la CFDT et de la CGC.

Dans votre communiqué du 18 décembre 2007, vous nous appelez ‘ à l’action le 24 janvier 2008 par la grève et les manifestations pour exiger l’ouverture de réelles négociations sur la valeur du point d’indice et la refonte globale des grilles indiciaires, afin de permettre le rattrapage des pertes du pouvoir d’achat.’

Nous signataires de cette adresse, fonctionnaires, non-syndiqués et syndiqués, avons été de toutes les grèves, de toutes les luttes sociales, depuis des décennies pour les plus âgés, nous avons fait la dernière grève du 20 novembre et sommes bien d’accord avec vous pour constater que nous n’avons obtenu pour cela que l’ouverture de pseudo-négociations, c’est-à-dire RIEN.

Vous nous proposez aujourd’hui une autre grève de 24 heures. Force est de constater qu’aucune grève de 24 heures n’a permis au mouvement social de progresser ces dernières années. La dernière grande victoire des salariés, certes mise en brèche ensuite, fut celle de 1995 si l’on excepte le recul sur le CPE pour lequel la jeunesse s’est mobilisée.

Dans les deux cas, les victoires arrachées ne l’ont pas été par des actions de 24 heures. Pourtant vous persistez dans ce mode d’action qui de surcroît ne permet aucun contrôle des salariés sur les négociations que vous allez éventuellement entreprendre. Si nous vous demandons des comptes, c’est parce que la situation sociale fait que l’on ne peut accepter davantage de reculs sociaux ; c’est parce qu’il y a urgence à redonner sens aux luttes et aux grèves. A force de faire semblant de faire grève, c’est-à-dire sans rien obtenir, on finit par discréditer celle-ci et donner raison à ceux qui n’y voient que le moyen ‘d’emmerder le monde’.

Sans remonter jusqu’à la grève de 2003, le dernier des conflits des cheminots a fini par nous décider de ne plus vous donner un chèque en blanc : s’il a fallu une Thatcher pour en finir avec la détermination des mineurs anglais, celle des cheminots français a elle été d’abord mise en pièce par les divisions syndicales au sommet. Cela, nous, salariés, ne pouvons plus l’accepter.

Toutes ces raisons nous amènent aujourd’hui à vous déclarer que nous ferons désormais grève soit parce que nous l’aurons décidé nous mêmes à la base sur nos revendications dans les assemblées générales des salariés soit parce que les objectifs et les moyens pour lesquels vous nous appelez à l’action sont précisément et clairement énoncés à l’avance.

Ces principes valent pour la grève pour laquelle vous avez décidé de nous appeler le 24 janvier. Nous nous mettrons en grève ce jour-là dès lors que l’intersyndicale au niveau national se sera prononcée, dans l’unité, sur ces deux questions :

Que voulons nous obtenir concernant la valeur du point d’indice et la refonte globale des grilles indiciaires ? Quel est l’horizon que vous vous fixez pour estimer que nous aurons obtenu satisfaction ?
  Quels sont les moyens d’action que vous nous proposez si nous n’obtenons pas satisfaction ?

A défaut de réponse, nous estimerons que les conditions d’une grève victorieuse ne sont pas malheureusement encore réunies et chacun d’entre nous fera alors son choix d’entrer ou non dans l’action, en connaissance de cause.

Nous appellons l’ensemble des salariés du secteur public et les sections syndicales, unions départementales’ à signer cette adresse aux directions syndicales.

 

sauvonslagreve@free.fr

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Mardi 22 janvier 2008

Extraits d'un article du journal Le Monde du 18 janvier 2008:

Voici des extraits de deux récents discours de Nicolas Sarkozy sur les religions.

Le 14 janvier, devant le Conseil consultatif saoudien, à Riyad :

"Sans doute musulmans, juifs et chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Mais au fond, qui pourrait contester que c'est bien le même Dieu auquel s'adressent leurs prières ? Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n'asservit pas l'homme mais qui le libère (...). Ce n'est pas le sentiment religieux qui est dangereux. C'est son utilisation à des fins politiques régressives au service d'une nouvelle barbarie. (...) Le sentiment religieux n'est pas plus condamnable à cause du fanatisme que le sentiment national ne l'est à cause du nationalisme.

 

Je respecte ceux qui croient au Ciel autant que ceux qui n'y croient pas. J'ai le devoir de faire en sorte que chacun, qu'il soit juif, catholique, protestant, musulman, athée, franc-maçon ou rationaliste, se sente heureux de vivre en France. Mais j'ai le devoir aussi de préserver l'héritage d'une longue histoire, d'une culture et, j'ose le mot, d'une civilisation. Et je ne connais pas de pays dont l'héritage, dont la culture, dont la civilisation n'aient pas de racines religieuses. (...) La politique de civilisation, c'est ce que font tous ceux qui au sein même de l'islam - comme des autres religions - luttent contre le fanatisme et contre le terrorisme, ceux qui en appellent aux valeurs fondamentales de l'islam pour combattre l'intégrisme (...)."

Le 20 décembre 2007 à la basilique Saint-Jean-de-Latran, à Rome.

"Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes (...). Nous devons tenir ensemble les deux bouts de la chaîne : assumer les racines chrétiennes de la France et même les valoriser, tout en défendant la laïcité parvenue à maturité. (...) Un homme qui croit est un homme qui espère. L'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. (...) J'appelle de mes voeux l'avènement d'une laïcité positive, c'est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas les religions comme un danger, mais comme un atout.

Fin de l'article.

Curieux propos dans la bouche d'un président de la République française! Seule République en Europe qui s'est attachée depuis 1905 à ne reconnaître ni financer aucun culte. Nous sommes d'accord sur le fait que la République doive permettre à chacun d'exercer le culte qu'il souhaite, mais le Président n'a pas à exposer ses convictions personnelles sur le sujet en public. Non, M. le Président, « Dieu » n'est pas présent dans le coeur et la pensée de chaque homme! Et l'histoire montre que « Dieu », ou plus exactement ceux qui ont agi en son nom, a asservi bien plus souvent qu'il n'a libéré! Pour votre culture, qui semble bien limitée en ce domaine, sachez qu'il existe des civilisations qui n'ont aucune racines religieuses, comme celles, et non des moindres, de la Chine et du Japon. Les racines de la civilisation européenne ne se trouvent pas exclusivement dans le christiannisme comme vous semblez le croire, mais dans la civilisation de la Grèce et de la Rome antiques où pour la première, des penseurs affirmaient déjà il y a 25 siècles leur incroyance en des divinités. Incroyances réaffirmées par les philosophes des Lumières les plus radicales du 18 ème siècle. Lumières dont sont issues la Révolution française et notre République.

Il est paradoxal de vouloir « valoriser les racines chrétiennes » et défendre la laïcité en même temps! Surtout vis à vis des citoyens français qui ne sont pas chrétiens. Un homme qui croit est un homme qui espère dites vous. Je crois surtout que les religions ne doivent pas quitter la sphère privée dans une République vraiment et définitivement laïque.

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Mercredi 16 janvier 2008

On peut lire sur le site du ministère de l'éducation le programme de travail du ministre pour le début de l'année 2008 (voir le lien ci-dessous). Il y affirme sa volonté d'accélérer le rythme des réformes figurant dans la lettre de mission établie par le président de la République. Manifestement, le ministre a confondu vitesse et précipitation car j'ai relevé dans le texte une contradiction de fond. Au début, il évoque des enquêtes internationnales qui montrent que les élèves français ont un temps de travail à l'école supérieur à celui des autres nations. Pour être juste, il faudrait comparer pour chaque pays en quoi consiste ce temps scolaire, en particulier sur l'inclusion ou non des activités sportives et artistiques. Ce qui peut changer considérablement la donne. Mais le ministre n'en dit pas mot. Plus loin, dans le paragraphe intitulé, Reconquête du mois de juin, il souhaite modifier l'organisation du baccalauréat pour permettre la tenue des cours au mois de juin au lieu de devoir femer les lycées centres d'examen. Une expérimentation étant menée dans plusieurs départements. Il faudrait savoir! Les élèves de lycée travailleraient trop et il veut prolonger le temps scolaire un mois de plus!
Les dates du baccalauréat 2008 ont été publiés la semaine dernière et on peut constater un décalage de près d'une semaine par rapport à celle du bac 2007. Au passage, les correcteurs apprécieront le temps de correction réduit d'autant car la date de remise des copies n'est évidemment pas modifiée!
De façon pratique, les proviseurs et proviseurs adjoints devront faire preuve d'imagination pour trouver des salles non requises pour le bac afin d'y loger les classes de seconde et de première sachant que bien souvent, il est nécessaire d'interdire des couloirs ou des étages entiers pour assurer le silence pendant les épreuves.

Le meilleur est à la fin du paragraphe. Le ministre argüe que la reconquête du mois de juin coupe court aux critiques de ceux qui lui prête la volonté de réduire les heures de cours au lycée, sachant que cette « reconquête » équivaut à près d'une année scolaire supplémentaire sur toute la durée de la scolarité! Il ne sait donc pas compter? Au collège, le brevet se déroule à la toute fin du mois de juin, voire les premiers jours de juillet. Les cours sont donc normalement assurés durant tout le mois de juin! Quant au lycée, les cours s'achèvent bien souvent juste avant les premières épreuves écrites du bac soit vers le 10 juin au plus tôt. Le décompte est facile: il ne reste alors plus que 20 jours au mois de juin, ce qui est loin de faire un trimestre complet sur les 3 années du lycée et encore une moins une année complète!

Alors que le ministre souhaite « reconquérir » le mois de juin, les élèves des lycées professionnels seront mis au régime sec puisqu'on apprend dans la suite de son intervention que la préparation du baccalauréat professionnel passera de 4 à 3 ans seulement. La perte d'une année scolaire complète, bien réelle celle-ci, ne fera que réduire encore plus le niveau des élèves dans les matières générales enseignées au lycée. Et cela rendra encore plus problématique la poursuite d'études supérieures (BTS et autres) pour ceux qui s'y engagent.

Par Archytas de Tarente
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Lundi 22 octobre 2007

Le président de la République a demandé que les professeurs fassent lecture aux élèves des lycées publics de France de la dernière lettre de Guy Môquet, le lundi 22 otobre 2007, date anniversaire de l'exécution avec d'autres otages, de ce jeune lycéen résistant.

Les avis divergent dans la profession sur l'objet réel de cette démarche. Je souhaiterais rappeller qu'en tant que fonctionnaire de l'Etat, nous avons le devoir d'appliquer toutes les instructions en provenance de la hiérachie, en l'occurence ici le président de la République, par l'intermédiaire du ministre de l'education nationale. Ceci bien sûr dans la limite de la constitutionnalité de ces instructions. Et je rajouterai de leur opportunité pédagogique, dont nous sommes seuls juges, en dernier ressort. Faire une simple lecture de cette lettre sans rappeller le contexte de sa rédaction ne présente qu'un intérêt pédagogique limité, hormis son impact émotionnel immédiat. Les professeurs d'histoire, de français, mais aussi d'autres disciplines, n'ont pas attendu cette demande du président pour expliquer aux élèves le contexte de la seconde guerre mondiale et ses horreurs, dans le cadre des programmes scolaires nationnaux et du concours sur la Résistance organisé pour les lycéens de France. Si j'avais à le faire, je ferais lire la lettre de Guy Môquet par un élève, mais en faisant précéder cette lecture d'un rappel de son contexte, pour ne pas la limiter à une émotion trop vite oubliée. Je rappellerai aussi cette belle phrase de Lucie Aubrac: « Résister est un verbe qui ne doit se conjuguer qu'au présent ».

L'évocation de la mémoire de Guy Môquet et celui de la Résistance française pendant l'occupation, me rappelle un événement qui s'est produit dans une de mes classes la semaine dernière. Une aide éducatrice est venue dans ma classe de seconde annoncer que leur professeur de français serait présent l'après-midi. Mes élèves ont exprimé bruyamment leur déception. Je leur ai rappelé que dans de nombreux pays, l'éducation est un luxe et qu'ils devraient mesurer la chance qu'était la leur de venir au lycée tous les jour, alors que certains jeunes de leur âge feraient tout pour avoir cette chance. Y compris risquer leur vie, comme ces deux jeunes guinéens qui ont perdu la vie en se cachant dans le train d'attérissage d'un avion en partance pour l'Europe en 1999. Agés de 14 et 15 ans il ne rêvaient que de venir en Europe poursuivre leurs études.
A l'exemple de Guy Môquet, il existe toujours des jeunes qui peuvent sacrifier leur vie à leur idéal.

Pour l'histoire de dces deux jeunes voir ce lien.

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
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