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Mercredi 4 juillet 2007

Grâce au Canard enchaîné, nous avons appris aujourd'hui que l'épouse du président de la République avait renoncé à la carte de crédit directement débitée sur le Trésor public qui lui avait été remise il y a un mois. La révélation de cette information n'est évidemment pas étrangère à ce renoncement! D'après un porte parole de l'Elysée entendu vers 13h sur France Inter, cette carte avait été attribuée à Cécilia Sarkozy pour régler ses « frais de représentation ». Faut-il rappeller que l'épouse du chef de l'état français ne représente qu'elle même? Elle n'occupe aucune fonction officielle et ses frais de « représentation » ne sont à prendre en compte que lorsqu'elle accompagne son mari. Et les deux déjeuners qu'elle aurait réglés avec ladite carte ne rentrent évidemment pas dans ce dernier cas.
M Bolloré, qui a offert très généreusement au couple Sarkozy quelques jours de vacances de luxe sur son yacht, ne peut-il pas prendre en charge les dépenses personnelles de Madame? Surtout à l'heure où l'on apprend la suppression de 10 000 postes de professeurs pour le second degré à la rentrée 2007. L'annonce à deux jours d'intervalle de ces deux informations fait décidément désordre.
Le plus désolant dans cette affaire c'est que nous ne sommes même pas sûr que cela mette fin aux dépenses privées de Cécilia Sarkozy sur le compte de l'état. Rien n'empêche de porter leur montant sur le budget de fonctionnement attribué à l'Elysée...

(*) Mme Déficit: surnom donné par les révolutionnaires de 1789 à la reine Marie-Antoinette dont les dépenses avait été dénoncées comme contribuant au déficit de l'état.

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Mardi 26 juin 2007

Hier soir, Valérie Peceresse, ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche était l'invitée de l'émission le franc parler sur France Inter. L'énoncé du C.V. de la personne chargée de la réforme des universités nous apprend qu'elle est passée par HEC et l'ENA, fleurons de notre enseignement supérieur... non universitaire! Soyons honnête, les universitaires qui ont occupé ce poste par le passé n'ont pas fait mieux que ceux issus des grandes écoles (Devaquet et Allègre entre autres...) . Le journal d'information précédent avait indiqué que Nicolas Sarkozy avait repoussé à la semaine prochaine la présentation de l'avant projet de loi au conseil des ministres. Le président souhaite pourtant présenter cette loi pendant l'été, mais il faut se rendre à l'évidence que c'est bien court pour une réforme de cette ampleur. Et le ministre a insisté sur la complexité du dossier et la réalité de l'état des lieux. Il apparaît dans cet entretien qu'elle entend ménager la chèvre et le choux, comme son collègue Xavier Darcos! Elle a parlé du désir de réforme dont lui ont fait part les organisations étudiantes qu'elle a reçues et des « conservatismes » propres à l'université sans bien évidemment les préciser. Sur la sélection à l'entrée, il n'y aura pas de risque de mécontentement puisque elle a affirmé par deux fois que le baccalauréat resterait le principal moyen d'accès à l'université. Pourtant, certaines universités pratiquent déjà une sélection sur dossier scolaire et elles seront sûrement rejointes par d'autres dans le cadre de l'autonomie. Hélas, elle n'a pas fait le lien entre échec en premier cycle et niveau actuel du bac. Le niveau de ce dernier ne certifiant plus une aptitude à suivre dans l'enseignement supérieur. Les filières sélectives ne s'y trompant pas en choisissant leurs étudiants sur dossier.

Nous avons appris que la réforme LMD (licence-master-doctorat) bien qu'en place partout posait un problème au passage du cycle licence-master. Certaines universités sélectionnent par l'échec leurs étudiants en fin de licence en la leur refusant pour qu'ils ne s'inscrivent pas en master, ce qui les fait sortir de l'université sans diplôme, et d'autres, sélectionnent en deuxième année de master (qui durent 2 ans), c'est à dire après l'équivalent de l'ancienne maîtrise comme cela se faisait auparavant pour entrer en DESS ou en DEA.

Je n'ai pas été surpris d'apprendre que ce sont les directeurs des grandes écoles qui se sont montrés les plus intéressés par la future loi d'autonomie. Elles sélectionnent de façon rigoureuse leurs étudiants, elles disposent de budgets très généreux de la part de l'état et de contrats avec les entreprises, leurs étudiants ont peu de difficultés à trouver du travail... Elles ont donc tout à gagner à une autonomie de gestion plus large. Les universités, moins dotés que leur consoeurs, ont elles à craindre pour leur budget du fait de la nouvelle loi, comme certains le prétendent? Le ministre a dit que le budget de l'enseignement supérieur serait toujours attribué par l'état et que les frais d'inscription seraient fixés nationalement. Les universités gèrent déjà par elles-même une partie de leur budget et le recrutement de leur personnel enseignant. Le nouveau projet de loi ne va pas bouleverser grandement les pratiques actuelles. Les conseils d'administration sont gérés de façon paritaire, avec des représentants de l'administration, des personnels enseignants et des étudiants. Il y a peu à craindre de décisions abusives et autoritaires même dans le cadre de la loi d'autonomie.

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Dimanche 24 juin 2007

La « rupture » annoncée pendant la campagne électorale de Nicolas Sarkozy aura-t-elle vraiment lieu à l'éducation nationale? Certes, quelques mesures « spectaculaires » ont été prises comme l'abrogation des décrets de Robien et la suppression progressive de la carte scolaire. Mais l'entretien entre Xavier Darcos avec Jacques Marseille dans le n°1812 du magazine Le Point du 7 juin dernier montre que les intentions du nouveau ministre sont en retrait, ou pour le moins plus prudentes que celle affichées dans le rapport qu'il avait remis à Nicolas Sarkozy en mars dernier. Juste un mot sur la carte scolaire. Sa suppression ne fait que reconnaître une situation déjà largement tolérée! La ségrégation scolaire est malheureusement déjà en place et les parents qui n'auront pas les moyens (au sens large) d'inscrire leurs enfants dans l'établissement de leur choix seront bien obligés de les laisser là où ils sont. Pour les candidats au changement, il faut rappeller que la priorité est toujours donnée aux enfants du secteur et que les « extérieurs » ne pourront être inscrits que dans la limite des places disponibles! Or les collèges et lycées très « demandés » sont déjà bien remplis! Les textes ont donc établi une liste de conditions prioritaires pour départager les candidats à l'exil scolaire (mérite scolaire, élève boursier, parent travaillant à proximité, choix d'une option n'existant pas dans l'établissement d'origine...). La stratégie d'évitement ne concernera donc comme par le passé qu'une minorité bien informée et motivée!
Dans l'entretien, Jacques Marseille propose au ministre une autre mesure de « rupture » à prendre: la suppression du baccalauréat pusique cet examen est obtenu par 95% des candidats et qu'il mobilise beaucoup de moyens. « Et pourquoi pas démonter la tour Eiffel! » lui répond le ministre. Xavier Darcos dit qu'il n'a pas mission de supprimer cet examen à forte valeur symbolique et qui permet l'accès à l'enseignement supérieur. On se souvient encore de ses déclarations peu flatteuses pour le bac il y a quelques années... Donc point de réforme du bac sous le ministère de M. Darcos? Pour une « rupture » ça commence mal!
« Chaque professeur défend sa discipline bec et ongle » déclare le ministre à son interlocuteur et il ajoute qu'en tant que professeur de lettres, il serait ennuyé de voir disparaître les langues anciennes. Pour ma part et comme beaucoup de collègues, je ne défends pas ma dsicipline bec et ongle, notamment par rapport aux autres, mais je me désole de la voir vidée de ses exigences! Et surtout de devoir l'enseigner à des élèves qu'elle n'interesse pas alors qu'ils ont choisi (ou que leurs parents ont choisi pour eux) la série S au lycée, comme le lui rappelle Jacques Marseille.
Le reste de l'entretien est un constat de la situation telle que la trouve le ministre et que certaines propositions de son rapport seront difficilement conciliables avec. On sent bien le principe de réalité reprendre toute sa place. Il y a décidément loin de la coupe aux lèvres...

 

PS:
Sur le site du SAGES (qui le reprend du site Reconstruire l'école), on pourra lire avec amusement les extrait du livre L'art d'apprendre à ignorer de Xavier Darcos publié chez Plon en 2000 et qui illustre mieux qu'un long discours l'évolution des idées du nouveau ministre.

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Vendredi 22 juin 2007

Les films et autres feuilletons télévisés anglosaxons montrent fréquemment des cérémonies de remise de diplômes dans les universités. Dans de grandes salles d'apparat ou simplement dehors, lorsque les étudiants sont trop nombreux j'imagine, des professeurs remettent solennellement un diplôme roulé dans une ruban à leurs lauréats, tous vêtus d'une toge noire et coiffés d'un chapeau plat. En France, nous sommes très loin de ce décorum. Ces cérémonies ont été abolies après... mai 1968. Depuis cette date, l'administration universitaire se contente de délivrer sobrement une simple attestation de diplôme à celui qui en fait la demande. Une université parisienne a décidé de renouer avec cette tradition. Les journaux télévisés de fin de semaine dernière ont montré une remise de diplôme de doctorat. Chaque nouveau docteur a reçu des mains d'un aréopage de professeurs en grandes toges rouges et chapeaux assortis, une attestation de leur grade avec en prime une médaille. On a appris qu'il s'agissait de rendre leur prestige aux diplômes délivrés par l'université. Intention louable certes, mais c'est surtout aux débouchés qu'il offre que se mesure la valeur d'un diplôme. Les universités ont fait des efforts ces dernières années pour créer des filières professionnelles mais il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine pour se hisser à la hauteur des grandes écoles. Particulièrement dans leurs relations avec les entreprises qui ont fait leur succès pour l'insertion de leurs étudiants.

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Vendredi 15 juin 2007

Les décrets de l'ancien ministre de l'éducation Gilles de Robien instituant la fin de certaines décharges horaires des professeurs de lycée et la bivalence (possibilité d'enseigner 2 matières différentes par le même professeur) ont été abrogés par Nicolas Sarkozy lui-même suite à la réunion qu'il a eue avec les représentants des organisations syndicales de professeurs. Il ne faut pas voir dans cette mesure un « cadeau » fait par le président aux professeurs qui demandaient la suppression de ces décrets depuis plusieurs mois, mais une simple application d'une de ses propositions de campagne: « travailler plus pour gagner plus ». Or avec la suppression des décharges, certains d'entre nous auraient dû travailler plus pour le même salaire. Quant à la bivalence, suppprimée il y a plus de 15 ans, elle était réapparue dans ces décrets uniquement pour faciliter la gestion des postes dans les collèges et d'en économiser quelques milliers comme pour la suppression des décharges horaires.
La gratification de salaire allouée pour cette bivalence était loin d'être somptuaire: 150 euros mensuels (sur 10 mois) pour enseigner 3h une autre discipline. C'est assez mesquin pour un travail considérable qui nécessite de se former dans un autre domaine parallèlement au sien avant le concours puis de préparer des cours dans ce domaine après recrutement. Sans compter qu'on maîtrise mieux une seule discipline plutôt que 2, même au collège où les exigences sont pourtant faibles.
Remarquons que X. Darcos fait une première entorse à son rapport de mars 2007 remis à Nicolas Sarkozy. Il y défendait les vertus de la bivalence! Voilà un exemple frappant d'adaptation des promesses aux (dures) réalités!

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