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Jeudi 14 juin 2007

Xavier Darcos, le nouveau ministre de l'education nationale avait rendu un rapport à Nicolas Sarkozy en mars 2007 sur la « situation morale et matérielle des professeurs de France », suite au discours du candidat de l'UMP à l'attention des professeurs. Une coquille s'est glissée dans le date de remise du rapport (2006) car il est fait mention de ce discours qui a été prononcé pendant la campagne présidentielle.
Ce rapport se propose d'appliquer aux professeurs le slogan le plus emblématique de Nicolas Sarkozy pendant la campagne: « travailler davantage pour gagner plus ».
Les contraintes budgétaires étant rappellées dès la page 6, le rapporteur appelle à la prudence voire à la retenue sur les mesures de revalorisation uniforme pour les enseignants. X. Darcos signale qu'il resterait encore 20 000 postes équivalent temps plein (ETP) correspondant à des décharges et autres mises à disposition. Déjà on peut s'étonner que ces emplois n'aient pas été récupérés par le gouvernement précédent pourtant très habile dans ce domaine. S'il n'ont pas été supprimés, c'est sans doute parce qu'il répondaient à des nécessités ou à des obligations crées par la loi, comme les décharges syndicales par exemple. Les récupérer reviendrait d'autre part à réduire à néant le peu de mobilité qu'il reste encore dans la fonction publique enseignante alors que le rapporteur et nouveau ministre se propose d'en introduire davantage!

Le but clairement affiché est donc de « travailler autrement ». Ce n'est pas la première fois que ce concept est remis sur le tapis. Déjà du temps de C. Allègre, la réforme des lycées, en introduisant les travaux personnels encadrés, voulait nous faire travailler « autrement » avec les élèves. Avec Xavier Darcos, le bouchon est poussé plus loin. Il s'agit de redéfinir le temps de travail des professeurs. Dans la ligne de mire: les décrets de 1950 jugés, on s'en doute, obsolètes! Ces derniers ne correspondraient plus aujourd'hui aux conditions d'exercice du métier de professeur. D'après le rapport, il faudrait distinguer « diverses situations professionnelles » suivant qu'on enseigne en lycée des métiers, en classes préparatoires, qu'on soit professeur principal, responsable de projet pédagogique ou « formateur ». Les décrets de 1950 ne constituent aucunement un obstacle à l'exercice de ces fonctions. Il ne font que définir des obligations de service relatives aux différents corps de professeurs et ce sont des décrets ultérieurs qui fixent les fonctions apparues depuis ainsi que le montant de leur rémunération. L'objectif du nouveau ministre serait donc de créer autant de « catégories » de professeurs qu'il existerait de « fonctions » à assurer. Il y aurait donc d'un côté une «fonction» de professeur en quartier sensible, et de l'autre par exemple, une « fonction » de professeur en classe préparatoire dans un lycée de centre-ville. Voilà qui n'a pas fini de cloisonner notre profession et de stigmatiser les professeurs des établissements les plus défavorisés. Et si l'état rétablissait des conditions d'instructions égales partout plutôt que de créer des corps de professeurs spécialisés dans tel ou tel type d'établissement?
Un tableau comparatif nous donne les durées de cours hebdomadaires et le temps de présence dans l'établissement dans les pays de l'UE, mais on n'a aucune précision sur la nature des tâches assurées par les professeurs en dehors des heures de cours. Nous voilà rassurés sur le fait que nous ne sommes pas le seul pays où le service n'est défini qu'en heures de cours (Allemagne, Italie). Espérons que nous ne reverrons plus cette fausse information que les professeurs français sont les seuls à ne pas assurer leur service qu'en heures de cours!

Améliorer les débuts de carrière? Il serait temps en effet. Un jeune professeur du second degré qui prend un premier poste dans la région parisienne, et ils sont nombreux, rencontre de grande difficultés à se loger car avec 1,3 fois le smic, il est très difficile de trouver un logement quand les propriétaires demandent aux candidats de gagner au moins trois fois le montant du loyer, rarement inférieur à 500 euros...

L'accès aux corps de professeurs est jugé complexe! Il est pourtant fort simple et beaucoup plus transparent que dans le secteur privé: ce sont les concours de recrutement externes ou internes ouverts sous seule condition de diplômes. Si des exemptions ont détourné cette voie d'accès principale, c'est bien parce que ceux qui furent au pouvoir ces dernières années les ont imposées. Affirmer que le quart des professeurs titulaires seraient recrutés en dehors des concours externes est inexact. La titularisation par concours est la règle dans la fonction publique. Devant les difficultés rencontrées par les professeurs non titulaires pour se préparer et réussir les concours externes et internes, des concours dits « réservés »,, réduits à des épreuves orales, avaient été organisés à leur intention il y a quelques années. Avec un succès plutôt mitigé. Le recours à des vacataires ces dernières années ne manquera pas d'alimenter le réservoir des personnels précaires...
Où veut-en venir exactement le nouveau ministre au sujet du recrutement? La fin des concours nationnaux où le recours à l'auxiliariat précaire comme c'est le cas actuellement? Son rapport ne le dit pas et il faudra attendre ses prochaines déclarations pour en savoir un peu plus.

En revanche, on voit clairement où il voulait en venir en s'attaquant plus haut aux décrets de 1950. Les « nouvelles fonctions » envisagées plus haut nécessiteraient selon lui une annualisation des services. Aucune de ces « nouvelles fonctions », dont on vient de voir qu'elles ne sont pas si nouvelles que ça, ne nécessite une annualisation de nos services! Notre principale fonction étant de dispenser des cours devant des classes, notre service ne peut -être défini que par l'emploi du temps de celles-ci, c'est à dire hebdomadairement. Ces autres « activités » se faisant en dehors du temps scolaire et je ne vois pas comment une annualisation du service pourrait en améliorer le fonctionnement.

Il est enfin reconnu que les DRH installées dans les rectorats dès 1995 n'ont pas servi à grand chose, notamment pour les collègues en difficulté. Et pour cause: les postes de reconversion et les détachements vers les autres fonctions publiques sont plus que limités! Si les possibilités de détachement existent bien dans les textes, il est demandé au candidat de trouver lui-même son poste de détachement auprès de l'administration qui l'interesse! Et il ne faut pas compter sur une augmentation du nombre de ces postes: rappelons que N. Sarkozy a affirmé que tous les départs à la retraite dans la fonction publique ne seraient pas entièrement remplacés.
Quand au secteur privé, tout fonctionnaire désireux d'y travailler peut cesser à tout moment ses fonctions en déposant sa lettre de démission sur le bureau de son supérieur hiérarchique.

Enfin sur le plan matériel, tout collègue sourira de voir que le ministre souhaite que les établissements (mais à travers eux, ce seront les régions qui devront y pourvoir) dotent les professeurs de bureaux. A moins de se lancer dans un coûteux programme immobilier, je ne vois pas comment attribuer ne serait-ce qu'une table et une chaise à tous les professeurs de la quasi totalité des établissements scolaires où j'ai exercé! Alors un bureau personnel... En collège et lycée, il n'y a bien souvent que quelques petites salles disponibles où s'intaller pour travailler une heure ou deux au maximum, avant de céder la place à un autre collègue où à une classe. A supposer qu'on attribue une salle par discipline, cela revient à en trouver une bonne dizaine par établissement...

Des bureaux pour nous faire travailler « autrement » sans doute? Car le ministre s'attaque à la définition de notre métier. Après avoir été éducateur, surveillant, animateur, psychologue, assistant social et j'en oublie d'autres, notre métier a vu s'effacer progressivement sa mission fondamentale: la transmission des savoirs. Il le rappelle un peu plus loin: « le professeur a pour charge d'assurer une formation des élèves ou des étudiants qui s'inscrit dans une relation « verticale » d'autorité et de savoir établie sur une période déterminée, au travers d'une discipline scientifique, techinque ou littéraire ». Il me paraît indispensable de rappeller ce rôle fondamental avant toute réfome. Notons également qu'il considère que chaque élève ou étudiant doit parvenir au plus haut niveau de formation possible. Ce dernier point marquerait déjà une rupture avec le « socle commun » imposé par son prédécesseur G. de Robien qui définissait à minima les savoirs à dispenser aux élèves.

Le point le plus important du rapport paraît être la « redéfinition » de notre métier qui passerait par l'annualisation de nos services, pour, dit-il, garantir aux familles que l'horaire annuel serait assuré! Mais rien n'assure que cette annualisation garantisse le remplacement au pied levé de professeurs absents! Ce n'est pas parce que nous passerons d'un horaire hebdomadaire à annuel que le problème du remplacement en cas de maladie par exemple, se résoudra! Rappelons pour mémoire que notre profession n'est pas plus sujette à absentétsme qu'une autre. Elle l'est moins d'ailleurs d'après les statistiques de l'administration elle-même, contrairement à ce qu'avait avancé péremptoirement un ancien ministre il y a quelques années (C. Allègre pour ne pas le mommer).

Dernière piste du « travailler autrement »: rétablir le soutien scolaire. Cela ne manque pas de sel alors que nous l'avons vu disparaître des lycées lors de la réforme de la fin des années 1990, dans le but, déjà, de « travailler autrement » par l'introduction des TPE (travaux personnles encadrés). On lui retrouve donc des vertus quelques années seulement après sa suppression. A condition là aussi que les moyens suivent...


Finalement, il n'y a pas grand chose de nouveau dans ce rapport sur les propositions de réforme à l'exception notable cette insistance à vouloir annualiser nos services, avec des justifications douteuses, comme on vient de le voir et la volonté de définir une « typologie » des métiers suivant les tâches à accomplir en plus ou à côté du service d'enseignement. Ces différentes « fonctions » sont déjà prises en compte pour la plupart dans les rémunérations mais elles ne concernent au final que peu d'entre-nous...

Il faudra attendre encore quelques semaines avant d'y voir plus clair sur les intentions de X. Darcos, d'autant que, et c'est inhabituel sous la 5 ème République, le président a décidé de s'impliquer directement dans tous les dossiers traîtés par les ministres.

Je note enfin avec amusement la dernière des recommandations pratiques à mettre en oeuvre immédiatement: que les professeurs de France, « représentant la moitié de la fonction publique, reçoivent en plus grand nombre les honneurs de la République, nottamment dans les listes de nomimation dans les ordres nationaux ». Pour ma part, plutôt qu'un titre ronflant et creux ou une médaille en chocolat, l'emploi de nos compétences aux travers de programmes scolaires ambitieux et exigeants pour nos élèves me suffiraient amplement!

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
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Vendredi 11 mai 2007

Tout le monde s'accordera pour dire que le choix exprimé dimanche dernier est sans ambiguité. Et je suis convaincu que les législatives vont le confirmer. On n'imagine pas que nos concitoyens ne donnent pas au nouveau président une majorité large pour gouverner. Avec de telles coudées franches, pas d'excuses pour appliquer les propositions du candidat Nicolas Sakozy!
A quelles décisions peut-on s'attendre dans les prochaines semaines/mois? Sans reprendre le long discours qu'il avait prononcé à Angers pendant la campagne, on pourra lire cet article de la Lettre de l'Education intitulé « Les premiers chantiers éducatifs du président Sarkozy ». On y relève:
La création d'un statut d'autonomie pour les universités avec la liberté de recruter librement des professeurs et des étudiants.
Des études dirigées et encadrées par des professeurs dans les premier et second degrés.
La diminution par 2 du nombres d'élèves dans les établissements scolaires les plus difficiles.
L'assouplissement de la carte scolaire avec une plus grande autonomie dans le recrutement des élèves (jusqu'à 20% d'élèves recrutés hors secteur).

Ces mesures seraient discutées lors de la session extraordinaire du parlement en juin ou au plus tard à celle d'octobre.
Concernant l'autonomie des universités, il faut savoir que celles-ci ont déjà une très grande liberté dans le recrutement des professeurs: le concours de recrutement est purement local! Après sélection de leur dossier, les candidats sont auditionnés par une « commission de spécialistes » constituée de professeurs de l'établissement qui recrute. Bien souvent, cette procédure aboutit au recrutement d'un candidat qui a effectué sa formation doctorale sur place. La seule intervention de l'état réside dans la création budgétaire du poste car il s'agit d'un emploi de fonctionnaire d'état. C'est le parlement qui affecte les postes budgétaires nécessaires aux universités après que le ministère ai fait état des besoins en personnels auprès des universités. Il paraît donc difficile d'aller plus loin dans l'autonomie de recrutement.

Quant au recrutement des étudiants, nous revoyons surgir le problème épineux de la sélection sur lequel tant de gouvernements, surtout de droite, se sont cassés les dents par le passé. Gageons que si cette mesure est mise en avant, elle déclenchera la colère des étudiants dès cet été!
Pour le second degré, les études dirigées par les professeurs resurgissent encore, après avoir été supprimées il y a quelques années et réapparues sous d'autres formes (« remédiation », « soutien », « aide méthodologique »). Prenons donc acte de son rétablissement!
L'« assouplissement » de la carte scolaire risque avoir des conséquences fâcheuses sur les établissements: fuite accélérée d'élèves des établissements difficiles, du moins pour ceux qui le peuvent, et avalanche de demandes d'inscription dans les établissements les plus réputés (à raison ou à tort d'ailleurs!). Ces derniers, en voulant bien faire, pourraient d'ailleurs contribuer à vider les établissements moins prestigieux qu'eux de leurs meilleurs élèves...
S'il est louable de diviser par deux le nombre d'élèves par classe des établissements difficiles, la conséquence est qu'il va falloir doubler le nombre de classes... Y aura-il suffisamment de professeurs?

Nous connaîtrons le nom du nouveau ministre de l'éducation la semaine prochaine. Il ou elle devrait nous en dire plus lors de sa prise de fonction vu le calendrier serré imposé par le nouveau président.

L'article fait état du rapport récent de Xavier Darcos, ancien ministre de l'enseignement scolaire, à l'attention de Nicolas Sarkozy sur la situation morale et matérielle des professeurs en France (lien dans l'article). On y retrouve une partie des propositions faites par N. Sarkozy dans son discours et certaines ne manqueront pas de provoquer de vives réactions dans la profession! Le temps de l'étudier et je présenterai bientôt ces mesures et leur critique.

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Mardi 1 mai 2007

L'association Sauvons la recherche prend nettement parti pour le projet de Ségolène Royal. C'est assez exceptionnel qu'une association qui rassemble largement dans le milieu des chercheurs prenne position de façon nette dans le débat politique à ce niveau.

Ce n'est pas suprennant quand on regarde les grandes lignes des projets pour la recherche des deux candidats au second tour de la présidentielle. Il sont très différents dans leur objectifs. Du côté de Nicolas Sarkozy, il s'agit de poursuivre dans la ligne du pacte pour la recherche de 2006 adopté par le gouvernement sortant. Or ce pacte ne reprend aucune des propositions des états généraux de la recherche tenus à l'initiative de Sauvons la recherche en 2004. Il faut noter que ces propositions avaient reçu le soutien d'un grand nombre de candidats à la présidentielle à l'exception notable de celui de l'UMP...
Pour ce dernier, le soutien financier de l'état se portera très majoritairement sur les entreprises: les 15 milliards d'euros supplémentaires que N. Sarkozy veut ajouter pour porter l'effort de recherche de la France à 3% du PIB se répartissent en 11 milliards d'euros pour les entreprise contre 4 pour la recherche publique. Quatre milliards sont mieux que rien mais cela ne rendra pas à la recherche fondamentale les moyens qu'elle a perdu ces dernières années.
Pour favoriser l'emploi des jeunes chercheurs, le candidat de l'UMP propose des CDD de 5 ans « au moins ». Il n'est donc pas question de développer l'emploi pérenne dans la recherche publique. Cela augmentera d'autant l'âge de l'accès à un emploi stable, s'il existe encore...
Le budget des universités est promis à une augmentation de 40% avec un accroissement de leur « autonomie ». Dans le recrutement des personnels, mais comme ne devrait pas l'ignorer N. Sarkozy, les universités recrutent déjà elles-même leurs enseignants-chercheurs et aussi, c'est nouveau, dans leur rémunération et leur temps de travail. Cet ajout est d'importance car cela revient à supprimer le statut national de ces personnels et à son remplacement par un contrat défini localement. Avec ce que cela suppose de différences d'un établissement à l'autre.

L'un des points clé du projet est la transformation des organismes de recherche en simples agences de moyens et la montée en puissance financière de l'ANR, l'agence nationale de la recherche qui accordera des fonds uniquement sur projets. Ce système favorise clairement les projets à court terme et rapidement rentables car les thématiques seront définies par le gouvernement. Avec la création de commissions bureaucratiques chargées de définir ces priorités. Les thèmes de recherche fondamentale qui ne se conçoivent que dans la durée ne sont évidemment pas favorisés par ce type de financement. L'agence d'évaluation de la recherche et des universités créée par la loi de 2006 contrôlera l'activité et les résultats des chercheurs. La candidat ne dit pas si les crédits recherches accordés aux entreprises seront controlés dans leur utilisation et leurs résultats, alors qu'il a été montré recemment le faible rendement de ce système de financement.

A l'inverse de de projet, Ségolène Royal reprend un grand nombre de propositions des états généraux de la recherche: nouvelle loi de programmation après consultation, conservation du statut des organismes de recherche, plan pluriannuel pour l'emploi, incitations fiscales aux entreprises pour l'embauche des docteurs. La candidate socialiste promet une augmentation de 10% par an du budget de la recherche.

Sur ce dernier point, la page du site de SLR consacrée aux propositions des candidats montre un graphique publié par la revue internationale Nature en avril 2007 sur l'effort de recherche en France de 1997 à 2005. On voit clairement que les périodes d'augmentation de l'effort de recherche publique sont celles où la gauche était au pouvoir, alors qu'il a diminué avec les gouvernements de droite.

SLR rappelle donc qu'il est possible sauver la recherche avec son bulletin de vote dimanche prochain...


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Vendredi 20 avril 2007

La politique de recherche a été évoquée au début de la campagne présidentielle, mais ce thème important a disparu ces dernières semaines. Pour effectuer une piqure de rappel, je conseille la lecture des réponses des candidats aux questionnaires de deux associations, Sauvons la recherche et ANDES (association des docteurs en sciences) sur leur sites respectifs.
Tous souhaitent un accroissement de l'effort de recherche au sens large et atteindre l'objectif de 3% du PIB. Les moyens pour y parvenir diffèrent. Certains candidats (F. Bayrou, N. Sarkozy) veulent un renforcement du rôle de l'ANR (l'agence nationale de la recherche) qui finance sur projets de 3 ans et non sur équipes de recherche. Précisons que ce type de financement privéligie la recherche appliquée à court terme, c'est à dire dont les résultats sont très rapidement rentables. La majorité des candidats (O. Besancenot, J. Bové, M.G. Buffet, S. Royal et D. Voynet veulent une suppression du crédit impôt-recherche actuellement capté par les grands groupes avec peu d'efficacité ou sa réaffectation vers les PME.
Il y a unanimité pour reconnaître le faible financement des universités et la volonté de rattraper les standards européens dans ce domaine. Un rapprochement entre grandes écoles et universités est aussi préconisé par la majorité des candidats. Tous également disent leur souci de favoriser l'emploi des docteurs. Par l'augmentation du nombre de poste statutaires dans la fonction publique ou par le biais du rapprochement avec les grandes écoles pour permettre un accès plus aisé au secteur privé.

Dans 48h, nous connaîtrons le nom des deux finalistes et j'analyserai plus précisément leurs propositions avant le deuxième tour.

Le questionnaire de Sauvons le recherche

ANDES

 


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Mercredi 18 avril 2007

Pour un dernier éclairage sur les programmes des candidats à la présidentielle au sujet des questions d'éducation, on pourra lire sur le lien ci-dessous leurs réponses à 17 questions posées par la Société des agrégés. Seuls ont répondu pour le moment: José Bové, Marie-Georges Buffet, Jean-Marie Le Pen, Ségolène Royal, Nicolas Sarkozy et Gérard Schivardi (par ordre alphabétique).

Ces questions demandent aux candidats de se positionner sur les « réformes » qui ont été engagées dans l'éducation nationale ces 20 dernières années:

_rôle des professeurs (instructeurs ou éducateurs?),

_organisation des études et programmes nationnaux,

_élaboration des programmes scolaires par des commissions au détriment de l'inspection générale,

_renforcement de l'apprentissage de la lecture et du calcul à l'école primaire,

_ extension du contrôle continu au baccalauréat,

_position sur les classes préparatoires aux grandes écoles,

_position sur la « discrimination positive »,


Les dernières questions portent sur la profession elle-même:

_recrutement des professeurs par concours sur des épreuves écrites anonymes et des oraux devant des jurys souverains et attribution par l'Etat de postes aux lauréats des concours,

_position sur le recrutement de professeurs sans coucours (allusion aux nominations par « liste d'aptitudes » qui attribuent un grade sans passer un concours).

_le retour de la bivalence pour les professeurs (possibilité d'enseigner une discipline qui n'est pas celle du recrutement),

_maintien ou fermeture des IUFM (instituts universitaires de formation des maîtres),

_revalorisation indiciaire des professeurs agrégés, seule catégorie de professeur dont la carrière n'a pas été revalorisée depuis 1972!

_rétablissement d'un véritable mouvement national des professeurs comme il existait avant la réforme de 1998 (par C. Allègre) qui offrait la possibilité de muter dans un établissement précis d'une autre académie sans perdre son poste si on n'obtient pas satisfaction,

_affectation des professeurs agrégés sur des postes correspondants à leur qualification,

_engagement à maintenir le statut général des fonctionnaires et avis sur la récente modification des décrets de 1950 sur les obligations de service des professeurs.


On notera que la seule mesure qui fasse la quasi-unanimité des candidats (Ségolène Royal ne donne pas son avis) est celle de la revalorisation de la carrière des professeurs. On se rappellera aussi que Jacques Chirac s'était aussi prononcé pour cette revalorisation, concernant les professeurs agrégés, lors de la campagne de 2002 et qu'elle n'avait pas été suivie d'effet...


http://www.societedesagreges.net/presid.htm

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