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Mardi 21 octobre 2008

Au lu des déclarations du ministre de l'éducation aujourd'hui sur la réforme du lycée, on ne peut que constater qu'il a fait machine arrière par rapport à certains points importants présenté jusqu'à la semaine dernière encore. Les sciences expérimentales (sciences physiques et sciences de la vie et de la Terre) reviennent dans les enseignements fondamentaux qui passent donc à 70% de l'horaire hebdomadaire élève contre 60% dans la précédente version. Les enseignements complémentaires ne représentent plus que 6h sur le total et il reste 3h « d'accompagnement » consistant en remise à niveau, travaux interdisciplinaires ou aide à l'orientation. Finalement nous retrouvons une structure très proche de la seconde actuelle car on retrouve dans les enseignements complémentaires les disciplines aujourd'hui en option en seconde générale. Seule nouveauté restante du projet initial, le découpage de l'année en deux semestres, entrecoupés d'une semaine de « bilan et d'orientation ». Au passage, cela rallonge d'une semaine la durée de l'année scolaire... Que sera-t-il décidé d'ailleurs à l'issue de cette moitié de l'année? On imagine mal que les élèves n'ayant pas atteint les objectifs soient réorientés d'office. D'ailleurs ce serait un peu tard! Un changement d'options? Si beaucoup d'élèves abandonnent une option en cours d'année, que vont faire les collègues qui les enseignaient? Et je ne parle pas des problèmes d'organisation de ces enseignements non prévus en début d'année...

Le lycée à la carte présenté en juillet dernier par le ministre a donc fait long feu ou presque! La copie présentée ressemble beaucoup à l'ancienne...

Au passage, l'horaire des sciences physique vont diminuer de 30 minutes puisque les modules d'enseignement sont organisés en bloc de 3h. Si toutefois cet horaire ne fait pas l'objet de modifications! Il nous faudra donc encore former avec le même programme indifférencié les élèves qui n'en peuvent plus des sciences à l'issue du collège et ceux qui voudront poursuivre leur étude... Dommage pour tous!

Le discours du ministre:

http://www.education.gouv.fr/cid22768/reforme-du-lycee-point-d-etape.html


Un résumé dans un article du journal le Monde:

http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/10/21/darcos-presente-une-nouvelle-classe-de-seconde-decoupee-en-deux-semestres_1109502_3224.html

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Dimanche 19 octobre 2008

Que d'histoire pour un hymne national sifflé! Et que de ridicule dans les réactions! Ce n'est pas la première fois que la Marseillaise est sifflée lors d'un match de football et ce ne sera pas la dernière. Mais la mèche médiatique a fait long feu et cet événement futile n'a pas réussi a faire diversion de la crise financière au grand dam de ses promoteurs. Certains proposent d'annuler le match en cas de récidive. Mais ne serait-il pas plus simple de ne pas jouer des hymnes nationaux lors de rencontres « sportives »? Après tout, pourquoi associer ces symboles qui excitent les ardeurs nationalistes voire guerrières à des manifestations qui devraient être pacifiques? Les équipes « sportives » ne sont pas dépositaires de la représentation nationale. Dans la majorité des sports professionnels comme le football, certains joueurs ont plus pour objectif de gagner de l'argent que de concourir gratuitement pour la gloire d'un drapeau, ou d'un hymne! Quant aux siffleurs des stades, pourquoi leur reprocherait-on ce moyen de manifester alors que les défenseurs des droits de l'homme attiraient la sympathie lorsqu'ils protestaient contre les jeux olympiques chinois? Mieux vaut siffler une chanson que se battre dans les stades...


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Dimanche 12 octobre 2008

Des sources syndicales font état depuis plusieurs semaines des grandes lignes de la réforme du lycée qui se mettre en place à la rentrée de septembre 2009. Dans un document publié sur le site de l'union des professeurs de physique et de chimie, on peut trouver les « propositions abouties » qui donnent la forme générale de l'organisation du lycée et les propositions exploratoires sur la « maquette pédagogique » de la classe de seconde. On retrouve dans les propositions abouties les orientations définies par le ministre au début de l'année et qui ont de fortes chances d'être adoptées. Les séries disparaissent au profit de 4 dominantes: humanités et arts, sciences, sciences de la société et technologie. Dans chaque dominante, l'élève peut choisir 45% de ses enseignements. Le groupe classe disparaît dans le cycle terminal (première et terminale). Enfin, l'enseignement s'organise semestriellement.

Première remarque de ma part, les séries ne disparaissent pas! Certaines se regroupent ou ne font que changer de nom. C'est la cas de la dominante « sciences » qui ne fait que succéder à la série S actuelle. On retrouve peu ou prou le découpage d'il y a une vingtaine d'années en séries A, B, C, D, E, F et G (A: lettres, langues et arts, C, D et E: sciences et sciences de l'ingénieur, F et G: technologie). Rien de nouveau donc, sinon le choix de 45% d'enseignements à la carte. Deuxième remarque, « l'éclatement du groupe classe » est une conséquence des enseignements à la carte. Les enseignements de base de la dominante choisie seront sans doute organisés pour une classe et il y aura des regroupement pour les enseignements à la carte. Cela se fait déjà dans certains établissements pour les langues vivantes ou les cours ont lieu aux mêmes heures. Les élèves se répartissent ensuite dans le groupe correspondant à leur niveau, déterminé par un test en début d'année. Cette organisation va demander beaucoup de travail à l'administration des lycées pour aligner les horaires de ces enseignements, d'autant qu'il faudra recommencer à mi semestre. Pas de changement pour les professeurs qui auront de toute façon une « classe » devant eux.

La « maquette pédagogique » de la classe de seconde révèle des enseignements fondamentaux (lettres, math, langue vivante 1, langue vivante 2, EPS, histoire géographie) représentant 60% du temps scolaire, des « enseignements d'exploration » (sciences économiques et sociales, initiation aux sciences de l'ingénieur, sciences médico-sociales, informatique de gestion et de communication, langue vivante 3, arts, histoire des arts, sciences) pour 25% et enfin les activités d'accompagnement qui relèvent de l'autonomie des établissements (les 15% restants). Là encore, on retrouve des filières déjà connues et il y a des chances que des élèves ayant choisi l'un des enseignement d'exploration se retrouvent dans la même classe!

La surprise vient de la disparition des sciences dans les enseignements fondamentaux de seconde. J'en suis très satisfait et je ne suis pas le seul professeur de sciences à l'être, comme j'ai pu le constater dans mon établissement! Les associations qui ont lancé des pétitions pour le maintien des sciences dans les enseignements fondamentaux ne mesurent pas à quel point il est devenu pénible de faire des sciences en classe de seconde à des élèves qu'elles n'intéressent pas! Ils disposent de trois ans au collège pour apprécier telle ou telle discipline et ils savent très bien en fin de troisième les matières qu'ils aiment ou qu'ils n'aiment pas. Dès lors pourquoi prolonger le dégoût en seconde dite de « détermination » qui n'a jamais été qu'une classe de troisième bis en retardant des choix d'orientation déjà fait au niveau des disciplines? La fin des sciences obligatoires en seconde revaloriserait le rôle des professeurs de collège qui auraient de nouveau des conseils d'orientation à donner à leur élèves au lieu de n'avoir à se prononcer que sur un choix binaire entre seconde générale et professionnelle! Et nous, professeurs de sciences en lycée, nous pourrons concentrer nos efforts pour des élèves intéressés par les sciences sans être embarrassés des « malgré nous » de la science qui manifestaient ostensiblement leur passivité voire leur hostilité. Certaines bonnes âmes objectent de la nécessité de donner à tous les élèves une culture scientifique. Je ne suis pas contre évidemment, mais c'est doublement pénalisant de donner le même enseignement à tous les élèves de seconde quelle que soit leur orientation ultérieure comme c'est le cas actuellement. On limite les ambitions de ceux qui voudraient aller plus loin pour tenter (sans succès) de rendre accessible le programme à ceux qui ont déjà rejeté les sciences. D'ailleurs il faut voir ce qu'il reste de la culture scientifique quelques années après le lycée. Nos efforts sont largement récompensés et l'argent du contribuable bien investi!

Par contre, je crains que nous devions encore accueillir les élèves « carriéristes » qui voient déjà plus loin que le lycée et projettent d'intégrer les filières sélectives du supérieur, lesquelles hélas, exigeront la possession du bac à dominante scientifique, entretenant encore l'engouement pour l'actuelle série S. Pour casser cette domination, il faut que les programmes des autres séries deviennent plus ambitieux et attractifs pour recruter de bons élèves pas spécialement scientifiques mais qui auraient suivi cette filière faute de mieux! Dès lors, les formations sélectives du supérieur élargiront le vivier de leurs candidats.

J'ose espérer que les associations scientifiques qui appellent au maintien des sciences obligatoires en seconde ne feront pas changer le projet du ministère. Elles s'inquiètent de la baisse des vocations qu'induirait cette réforme alors que d'après elles, nous aurions besoin de plus de professeurs et de chercheurs scientifiques. Au vu des suppressions de postes dans ces deux professions ces dernières années, nous n'avons pas vraiment à nous inquiéter de susciter des vocations!

 

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Vendredi 3 octobre 2008

Comment ne pas éprouver une certaine irritation devant la crise financière et son traitement dramatique par les média? Dramatisation qui instille inévitablement un sentiment de peur dans l'opinion publique. Après nous avoir annoncé que la France ne serait pas touchée par la crise financière américaine, nos « responsables » politiques prennent des airs grandiloquants pour rassurer les épargnants que leurs économies seront garanties par l'Etat. Etat vilipendé hier lorsque les bourses mondiales flambaient et appelé à la rescousse aujourd'hui pour éponger des dettes astronomiques suite à des opérations quasi frauduleuses. Nous avons droit aussi au cours de morale: le capitalisme sauvage, c'est terminé! Mais cette crise n'est ni la dernière ni la première du genre, quand on se souvient des krach de 1987, 1997 et 2000. Et les « moralisateurs » oublient de souligner que la spéculation, les montages financiers abscons et obscurs, les paradis fiscaux, le blanchiment d'argent et autres joyeusetés nées du « marché » font partie du capitalisme! Il ne saurait être question de morale dans cette affaire mais d'efficacité. Quel est le but du capitalisme? Faire fructifier le capital. Même si des règles encadrent les opérations financières, tous les coups sont évidemment permis.

Je reste donc parfaitement impavide devant les milliards évaporés sur les bourses mondiales et les banques en faillite qu'il aurait fallu laisser choir, en faisant jouer « les lois naturelles » du « marché » en parfaite logique avec l'idéologie dominante. Mais les dirigeants qui ont libéralisé les économies dès les années 1980 un peu partout dans le monde sont évidemment aussi coupables de la situation que les opérateurs financiers indélicats voire voyous, pour reprendre l'adjectif présidentiel. Une majorité de membres de la chambre des représentants des Etats-Unis a d'ailleurs repoussé il y a trois jours le plan présenté par le gouvernement Bush pour racheter les créances pourries, en parfaite logique avec les idées libérales. Le Sénat n'a malheureusement suivi... Quant au « marché », pour mieux forcer la main aux parlementaires états-uniens, il se comporte comme un gamin capricieux qui cherche à se faire payer de nouveaux jouets pour remplacer ceux qu'il a cassé, en faisant faire un yoyo vertigineux aux cours boursiers!

C'est d'autant plus rageant pour les spectateurs que nous sommes qu'on ne nous pas le choix: soit nous payons, soit c'est le chaos... Les menaces de craquements ont atteint l'Europe alors que certains annonçaient tranquillement que nous étions à l'abri de la déconfiture financière. Et les milliards d'euros, sortis abondamment de caisses qu'on nous avait sèchement annoncé vides, se déversent sur des banques qui se découvrent soudainement en difficultés du jour au lendemain! Mais si ma mémoire est bonne, ces même banques affichaient des profits records ces dernières années. Où sont donc passés ces bénéfices? Quelles poches sont-ils allés gonfler? Et pourquoi ne pas les solliciter maintenant? Mais l'Etat est là pour éponger généreusement toutes les pertes privées et il serrera encore plus la ceinture sur ses dépenses publiques....

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Mardi 16 septembre 2008

Le ministre de l'Education nationale envisage de décerner des médailles pour récompenser le mérite scolaire... Idée fort curieuse quand on fait la liste des récompenses qui sont déjà accordées aux élèves méritants! Lors de conseils de classes, les élèves peuvent obtenir des encouragements, des compliments et des félicitations suivants leurs résultats scolaires ou les efforts qu'ils ont fournis. Le vocabulaire de ces récompenses peut différer dans tel ou tel établissement mais je les ai connues partout où j'ai exercé.

Aux examens, brevet des collèges ou baccalauréat, les élèves peuvent obtenir des mentions assez-bien, bien ou très bien en récompense de leurs résultats. Enfin les meilleurs élèves du lycée peuvent être présentés au concours général sur proposition de leurs professeurs pour plancher sur des épreuves de haut niveau scolaire...

La panoplie des récompenses du mérite scolaire est donc déjà amplement développée et puisque le ministre souhaite insister sur le mérite scolaire des élèves issus des familles les plus modeste, il ferait mieux d'augmenter le montant des bourses à critère social ou d'en attribuer sur critère scolaire! Ce serait un moyen plus sûr d'encourager leur réussite. Mais je crains qu'il n'en ai pas les moyens...

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
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