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Vendredi 3 octobre 2008

Comment ne pas éprouver une certaine irritation devant la crise financière et son traitement dramatique par les média? Dramatisation qui instille inévitablement un sentiment de peur dans l'opinion publique. Après nous avoir annoncé que la France ne serait pas touchée par la crise financière américaine, nos « responsables » politiques prennent des airs grandiloquants pour rassurer les épargnants que leurs économies seront garanties par l'Etat. Etat vilipendé hier lorsque les bourses mondiales flambaient et appelé à la rescousse aujourd'hui pour éponger des dettes astronomiques suite à des opérations quasi frauduleuses. Nous avons droit aussi au cours de morale: le capitalisme sauvage, c'est terminé! Mais cette crise n'est ni la dernière ni la première du genre, quand on se souvient des krach de 1987, 1997 et 2000. Et les « moralisateurs » oublient de souligner que la spéculation, les montages financiers abscons et obscurs, les paradis fiscaux, le blanchiment d'argent et autres joyeusetés nées du « marché » font partie du capitalisme! Il ne saurait être question de morale dans cette affaire mais d'efficacité. Quel est le but du capitalisme? Faire fructifier le capital. Même si des règles encadrent les opérations financières, tous les coups sont évidemment permis.

Je reste donc parfaitement impavide devant les milliards évaporés sur les bourses mondiales et les banques en faillite qu'il aurait fallu laisser choir, en faisant jouer « les lois naturelles » du « marché » en parfaite logique avec l'idéologie dominante. Mais les dirigeants qui ont libéralisé les économies dès les années 1980 un peu partout dans le monde sont évidemment aussi coupables de la situation que les opérateurs financiers indélicats voire voyous, pour reprendre l'adjectif présidentiel. Une majorité de membres de la chambre des représentants des Etats-Unis a d'ailleurs repoussé il y a trois jours le plan présenté par le gouvernement Bush pour racheter les créances pourries, en parfaite logique avec les idées libérales. Le Sénat n'a malheureusement suivi... Quant au « marché », pour mieux forcer la main aux parlementaires états-uniens, il se comporte comme un gamin capricieux qui cherche à se faire payer de nouveaux jouets pour remplacer ceux qu'il a cassé, en faisant faire un yoyo vertigineux aux cours boursiers!

C'est d'autant plus rageant pour les spectateurs que nous sommes qu'on ne nous pas le choix: soit nous payons, soit c'est le chaos... Les menaces de craquements ont atteint l'Europe alors que certains annonçaient tranquillement que nous étions à l'abri de la déconfiture financière. Et les milliards d'euros, sortis abondamment de caisses qu'on nous avait sèchement annoncé vides, se déversent sur des banques qui se découvrent soudainement en difficultés du jour au lendemain! Mais si ma mémoire est bonne, ces même banques affichaient des profits records ces dernières années. Où sont donc passés ces bénéfices? Quelles poches sont-ils allés gonfler? Et pourquoi ne pas les solliciter maintenant? Mais l'Etat est là pour éponger généreusement toutes les pertes privées et il serrera encore plus la ceinture sur ses dépenses publiques....

Par Archytas de Tarente - Publié dans : leblogagrege
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